Historique

La Fondation OLO a été créée en 1991 pour permettre de rendre le jeune programme OLO accessible aux femmes enceintes qui en avaient besoin, partout au Québec. Mais la petite histoire de la Fondation commence bien avant 1991...

La méthode d’intervention nutritionnelle Higgins
C’est dans les années 1940, au Dispensaire diététique de Montréal (DDM), que la diététiste Agnès C. Higgins met au point une méthode d’intervention nutritionnelle adaptée aux besoins des femmes enceintes de milieux défavorisés.

Cette méthode de prévention, qui consiste à offrir aux femmes enceintes démunies des suppléments alimentaires qui améliorent leur état nutritionnel, mais aussi des conseils et un suivi personnalisé qui leur permettent d’apprendre à mieux s’alimenter, vise à contrer les effets de la pauvreté et de la malnutrition sur la santé des bébés à naître, et tout particulièrement à réduire le taux de morbidité et de mortalité périnatales.

La méthode d’intervention nutritionnelle Higgins (MINH) met l’accent sur la combinaison œufs – lait – jus d’orange – suppléments de vitamines et minéraux, ces aliments étant une valeur sûre sur le plan nutritionnel tout en étant économiques et facilement intégrables à l’alimentation quotidienne des femmes qui les reçoivent. Au fil des ans et au moyen de nombreuses recherches, le DDM a pu confirmer les résultats intéressants de son intervention centrée sur ces aliments.

Un succès inspirant
Au début des années 1970, les résultats obtenus par l’intervention du DDM incitent des organisations de plusieurs provinces canadiennes et des États-Unis à mettre sur pied des programmes semblables, inspirés de la méthode Higgins.

Au Québec, le Dispensaire est appelé à soutenir l’implantation de programmes similaires au sein du réseau de la Santé et des Services sociaux. Des diététistes formés à l’approche du DDM offrent des services de counselling nutritionnel prénatal à la Clinique populaire de Pointe Saint-Charles et dans les Centres locaux de services communautaires (CLSC) de Saint-Henri et de Châteauguay.

Vers la fin des années 1980, le gouvernement du Québec subventionne un projet pilote d’intervention nutritionnelle basé sur la méthode Higgins dans les CLSC de Matane et de Saint-Henri. L’évaluation d’un tel programme est une opération complexe et l’interprétation des résultats suppose une certaine prudence, mais l’évaluation de la MINH et celle du programme américain d’éducation nutritionnelle WIC ont rapporté des résultats fort intéressants. Dans le cas du DDM, on a trouvé une augmentation du poids moyen à la naissance équivalent à une diminution d’au moins 50% du nombre de bébés de petit poids.

Le programme OLO dans les CLSC du Québec
Informés de l’approche du DDM, les intervenants en périnatalité de la région de Valleyfield ont l’idée du programme OLO. Ainsi nommé d’après l’acronyme « oeufs, lait, oranges », ce projet a pour but de réduire l’incidence d’insuffisance pondérale à la naissance en milieu défavorisé. Il faut mentionner qu’à cette époque, le CLSC Saint-Henri offre déjà, lui, du lait aux femmes enceintes afin de contrer la malnutrition causée par la pauvreté.

À la suite de la naissance du premier « bébé OLO » dans la région de Valleyfield, les intervenants prennent conscience de ce que leur action ne peut pas se limiter aux seuls suppléments alimentaires. Il faut aussi aider ces jeunes familles dans le besoin et rompre l’isolement dans lequel elles vivent souvent. Le CLSC Seigneurie-de-Beauharnois intégrera donc son programme de distribution de suppléments alimentaires à une intervention globale en périnatalité.

En 1984 naît un deuxième programme OLO à Huntingdon. L'expérience des CLSC de Valleyfield et Huntingdon conduit à l'expérimentation du programme dans d'autres centres locaux de services communautaires du Québec situé à Châteauguay, Chicoutimi, Sherbrooke, Québec, St-Eustache, ...

Par la suite, plusieurs CLSC démarrent leur programme OLO. Cependant, pour trouver les fonds nécessaires au maintien du programme, le personnel des CLSC doit investir chaque année beaucoup de temps et d’énergie. Cette nécessaire recherche de financement, qui s’ajoute à la charge de travail des spécialistes en périnatalité des CLSC, devient un frein au développement du programme et menace, dans certains cas, son existence même.

La Fondation OLO
Au début des années 1990, pour régler ce problème, les CLSC décident de se regrouper et d’agir ensemble pour financer les suppléments alimentaires OLO.

Le moyen de faire cela de façon efficace et durable : créer une fondation qui aura pour mission d’amasser les ressources nécessaires au financement des suppléments OLO des CLSC (il y en a 40 à l’époque) qui offrent le programme OLO. C’est ainsi que la Fondation OLO voit le jour, en 1991.

D’année en année, à mesure que le programme OLO continue de se répandre dans les CLSC du Québec, la Fondation OLO croît et s’adapte aux besoins grandissants. Aujourd’hui, la Fondation permet à 143 CLSC - dénommés depuis peu centres de santé et de services sociaux (CSSS), des quatre coins du Québec d’offrir les suppléments alimentaires OLO aux femmes enceintes qui en ont besoin.

Depuis sa création, la Fondation OLO a contribué à aider plus de 100 000 bébés à naître en santé en offrant : oeufs, lait, jus d'orange et suppléments minéralo-vitaminiques aux futures mamans vivant dans une situation difficile .

Gylaine Boucher

« OLO est une composante essentielle dans la réalisation des Services intégrés en périnatalité et petite enfance. La Fondation OLO est un atout précieux pour les Centres de santé et de services sociaux dans leur intervention auprès des femmes enceintes dans le besoin. »

Gylaine Boucher
Présidente du comité exécutif de la Fondation OLO