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Témoignage d'une ancienne maman OLO
Dernièrement, la Fondation a eu le privilège d'accueillir l'inspirant témoignage de Karine Cloutier, une jeune femme dynamique qui goûte aujourd'hui au bonheur de développer sa propre entreprise... mais cette réalité n'a pas toujours été sienne.
Il y a 13 ans, Karine conjuguait avec d'autres réalités que celles de devoir négocier avec des fournisseurs, établir des échéanciers ou remplir de la paperasse.
Témoignage d'une jeune femme inspirante qui vous tend aujourd'hui le flambeau :
" En voyant le titre de ce texte, je vous entends déjà vous dire que je vais vous endormir avec des propos réchauffés concernant la beauté de l’âme et tout le tralala… Rassurez-vous, ce n’est pas mon intention, mais il y a des choses qui méritent d’êtres partagées…
En cette décennie où nous croulons sous le poids des mauvaises nouvelles et des drames qui se suivent les uns après les autres, je crois qu’un peu de positivisme ne nous fera pas de tort!
Étant très consciente de ma fâcheuse tendance à m’égarer, je reviens à mes moutons : la beauté du cœur...
Si vous faites partie des chanceuses qui n’ont pas à conjuguer avec toutes les angoisses qu’amène la pauvreté, et qui sont multipliées lorsque l’on doit mener à terme une grossesse dans des conditions peu optimales, j’espère que vous mesurez bien votre chance… Par contre, beaucoup de mamans, souvent pas très loin de nous, sont moins privilégiées. C’est le moment pour moi de vous partager une petite tranche de ma vie…
Il y a déjà de ca treize ans, je portais en moi ce fils qui allait changer ma vie. Un seul bémol, la pauvreté. Quand je vous parle de pauvreté, je ne vous parle pas de ne pouvoir s’acheter les dernières chaussures à la mode. Non, je vous parle plutôt de faire mes emplettes de la semaine dans un supermarché avec huit dollars en poches. Je vous parle d’un bedon qui s’arrondit trop rapidement puisque aucun meuble ni vêtement d’enfant n’est à la maison en vue de ce nouvel arrivant. Je vous parle d’une grossesse sans soutien de la famille puisque ma famille était à mille kilomètres de moi et à une centaine d’années lumières de se douter de ce que je vivais.
Jour après jour, je me demandais comment j’allais pouvoir subvenir aux besoins de mon enfant alors que je n’arrivais même pas à subvenir aux miens. Dans la chaleur d’un minuscule appartement, situé au troisième étage d’un immeuble sans climatisation, je tentais tant bien que mal de rénover des petits trucs trouvés dans des ventes de garage, que je parcourais à pied bien sûr… J’avais bien un diplôme en main, mais qui aurait engagé une femme enceinte, en sachant qu’elle partirait en congé de maternité aussitôt la période d’orientation terminée…
Dans ces conditions, la beauté que devrait être la grossesse est tellement assombrie par le nuage de la misère quotidienne qu’il nous arrive presque de nous demander comment, un jour, nous avons cru pouvoir y arriver…
C’est alors qu’arrive un miracle dans notre vie. La Fondation OLO fait partie de ces miracles qui font VRAIMENT une différence. Car savoir qu’on aura accès quotidiennement à quelques denrées de base, c’est rassurant! Constater qu’il y a des personnes qui ont le souci des autres et qui, d’un simple sourire, savent donner de l’espoir, c’est réconfortant.
Des « mamans OLO », il y en a beaucoup plus que nous croyons. Que ce soit parmi notre famille, nos copines, nos voisines ou même nos collègues, des mamans qui ont recours aux services d’OLO, il y en a beaucoup… Beaucoup trop.
C’est dans ces moments que la beauté du cœur se fait enveloppante.
Une personne de mon entourage que je respecte beaucoup dit toujours que si on donne une fois, le geste nous est remis dix fois. Pourquoi ne pas tenter le coup? J’ai donc pris l’habitude de le faire dès que je peux et, comme par hasard, il me semble que j’ai beaucoup plus de chance qu’avant. Hasard, je ne sais pas, évidence, ça je le sais!
Après la naissance de mon enfant, j’ai également bénéficié d’une aide très appréciée provenant du CLSC de ma région : des coupons-rabais pour la nourriture, du lait maternisé, etc. Le tout faisait en sorte que, peu à peu, la vie était plus douce que la veille. Ayant retrouvé mon ventre plat, trouver un bon travail était plus réaliste. Après quelques emplois qui me rapprochaient toujours plus du mon but de l’époque, devinez où je suis allée offrir mes services d’infirmière? Oui, au CLSC! Je venais de commencer mon périple de « donner au suivant », chose que je poursuis dès que j’en ai l’occasion, pour mon plus grand bonheur.
Pour revenir à la beauté du cœur, je peux vous dire que je vois beaucoup de personnes belles de cœur par les temps qui courent. Pourtant, je trouve que c’est un phénomène que l’on ne souligne jamais assez. La chaîne humaine, quand elle se lève, peut soulever des montagnes et mettre un immense soleil dans des ciels trop gris. Ce n’est pas d’hier que nous savons que l’union fait la force, essayons de ne pas l’oublier.
Aujourd’hui, je salue bien bas toutes ces belles personnes qui, avec la beauté de leurs cœurs, contribuent à faire une différence. Je regarde mon fils en me disant que c’est un peu grâce à lui que j’ai eu cet éveil. Et si à ce jour, je suis capable de vous raconter cette histoire, c’est qu’elle se finit bien. "
Amicalement!
Karine Cloutier